Ferdinand Larose

Ottawa et sa campagne


Ferdinand Larose

Diplômé de l’Institut agricole d’Oka, en 1918, il est recruté pour devenir le premier agronome francophone embauché par le département d’Agriculture de l’Ontario, pour desservir les agriculteurs des comtés de Prescott et de Russell. Avec l’ouverture d’un bureau d’agriculture à Plantagenet en 1919, les cultivateurs francophones de Prescott et de Russell peuvent enfin compter sur un support technique en agronomie. En faisant l’inventaire des terres de la région, il constate que l’érosion des sols favorisée par l’exploitation forestière et les feux de forêt ont transformé une bonne partie des terres en un désert de sable appelé « le désert de Bourget ». L’érosion de ces terres avait d’ailleurs entraîné un important glissement de terrain près de Lemieux en 1920. Pour faire face à cette situation il suggère de reboiser la forêt dans la région de Bourget, Casselman et Limoges et de transplanter de nouveaux peuplements de bois d’œuvre afin de protéger les terres arables de cette région. Ses efforts portent fruit et en 1928, les autorités régionales et gouvernementales s’entendent pour gérer cette forêt et planter 6 000 pins. Aujourd’hui avec ses 18 millions d’arbres sur près de 11 000 hectares, c’est la plus grande forêt plantée de mains d’hommes au Canada. Surtout reconnu comme le responsable du reboisement de la forêt qui porte son nom, Ferdinand Larose, laisse également sa marque comme l’instigateur dans le développement de nouvelles cultures comme celle du houblon, du lin et du trèfle rouge afin de palier à la situation difficile des années 30 de la Grande dépression économique. Il favorise le développement de l’industrie laitière par le remplacement des troupeaux laitiers par des animaux pur-sang Holstein, Aryshire et Jersey, qui,  aujourd’hui, font l’excellence des fermes laitières de Prescott et de Russell. Durant les années 20 et 30, il organise avec la participation des écoles de rang et de quelques leader, des clubs agricoles pour les jeune filles et garçons. Par l’entremise de ces clubs, il transfert des connaissances nouvelles auprès des futurs agriculteurs, comme l’importance d’utiliser des nouvelles semences et des produits supérieurs afin d’améliorer les rendements. En 1932, il fonde l’Association des producteurs de semence de la vallée de l’Outaouais et en 1934, l’Association des laboureurs des comtés de Prescott et de Russell. En 1943, grâce à son apostolat auprès des jeunes fils de cultivateurs, 19 jeunes gens fréquentent l’Institut agricole d’Oka. Travailleur infatigable et généreux de son temps, il prodigue souvent ses conseils agricoles le dimanche après la messe. Pendant la Seconde guerre mondiale, c’est à lui que les cultivateurs s’adressent pour démontrer que leurs fils sont essentiels comme main-d’œuvre agricole et ainsi obtenir des exemptions de service militaire pour leurs fils. Imaginez le genre de pressions qu’on exerçait sur lui! Cet agronome de grand mérite laisse à la collectivité une magnifique forêt de pins rouges et de pins blancs, qui offre de nombreuses possibilités de récréation et qui assure un milieu de vie exceptionnel pour la faune et la flore de la région. Peu d’hommes parviennent à laisser une empreinte durable, une œuvre qui les immortalise comme celle qu’il a laissée à la collectivité.

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