Jean-François Séguin


Jean-Francois Séguin

Né à Rigaud en 1917, fils de cultivateur possédant une ferme a revenu très modeste, Jean-François Séguin grandit dans une atmosphère familiale où le chant et la musique étaient la nourriture intellectuelle qui cimentait la famille durant la grande crise économique du début des années 30. En 1953, il s’inscrit à l’école d’agriculture d’OKA pour en graduer trois ans plus tard avec des connaissances générales en horticulture, en agronomie et en médecine vétérinaire. Souffrant d’allergie chronique, surtout la fièvre des foins, il lui est impossible de songer à acquérir une ferme. Donc, il se dirige plutôt vers le domaine horticole et coopératif. En 1938, son premier emploi est de gérer une station horticole provincial à Trois-Rivières.

Tout en travaillant, il suit des cours de perfectionnement en architecture paysagiste et en commercialisation. Il fit aussi un stage au Jardin botanique de Montréal avant de venir s’établir en Ontario en 1943. Pendant 10 ans, il sera le gérant de l’entreprise Africana Fleuriste de Vanier.

Ce n’est pas seulement l’amour pour le domaine horticole et du paysagement qui l’emmena à Ottawa, mais aussi une jeune infirmière du nom de Jacqueline St-Pierre. Cette jeune femme deviendra son épouse en 1943. De ce mariage sont nés sept enfants, cinq garçons et deux filles. Je me dois de mentionner un mot spécial de reconnaissance pour cette femme, épouse et mère de famille presque monoparentale, qui était le support quotidien des sept enfants à cause des nombreuses préoccupations de M. Séguin.

C’est surtout comme propagandiste et secrétaire général, de 1953-1979, pour l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) que M. Séguin a fait ses marques de noblesse auprès des agriculteurs francophones et du monde rural de l’Ontario. En effet, c’est l’Abbé Arsène Hébert, récipiendaire du mérite agricole franco-ontarien 2003, qui embaucha M. Séguin en 1954 comme secrétaire général de l’UCFO. Il parcourt l’Ontario du nord au sud et de l’est à l’ouest.

Souvent seul, il prépare congrès et réunions de toutes sortes, car il faut le dire, si l’UCFO existe encore aujourd’hui c’est surtout le résultat du leadership et détermination de cet homme. Il est probablement par ses activités le précurseur du Collège d’Alfred, car, il organise une grande variété de cours sur la formation agricole ainsi qu’en leadership en milieu rural.

Entre temps, il stimule la formation de nombreuses coopératives agricoles et à l’établissement des caisses populaires en milieu rural. De par sa personnalité exemplifiée par sa chevelure blanche et de son fort ton de voix, il est remarqué et écouté. Les gens qui l’entourent sentent chez lui cet amour de la terre, mais surtout pour les gens qui y œuvrent, et particulièrement  de la classe agricole francophone. Non seulement il était perçu comme un grand coopérateur, mais aussi il était un rassembleur. Il avait persuadé tous les organismes agricoles francophones de l’Ontario de se réunir pour mieux communiquer et défendre les intérêts des producteurs. Il participe à la fondation du Conseil de la coopération de l’Ontario et il devient le secrétaire-trésorier. Son action dépasse les frontières de l’Ontario, notamment lorsqu’il est élu cofondateur du Conseil canadien de la coopération. D’après lui, les producteurs francophones de l’Ontario doivent avoir droit aux services en français, une langue qu’il chérissait et en faisait abondamment la promotion. À un certain moment, il fait partie de 13 associations. «J’étais parti huit soirs sur sept», disait-il dans une entrevue avec le journal Le Droit en 1979.

Le 12 mars 2003, M. Séguin décède à l’âge de 86 ans, mais ses accomplissements vont demeurer. Ses 26 années consacrées à l’UCFO dont 25 ans comme secrétaire général demeurent une grande source de motivation pour les Franco-ontariens.

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