Léon Delorme


Léon Delorme

Léon Delorme (1920 – 2012) est né à Wendover le 6 septembre 1920, d’une famille de huit enfants. Après des études primaires à l’école de rang du village, notre récipiendaire se dirige vers le Petit Séminaire d’Ottawa pour éventuellement obtenir un baccalauréat ès arts en 1943. L’attrait pour la profession agronomique le mène ensuite à l’Institut agricole d’Oka pour en ressortir quatre ans plus tard avec un baccalauréat en science agricole, BSA, de l’Université de Montréal.

Comme étudiant, il  a travaillé  pendant deux étés avec l’agronome M. Ferdinand Larose, au Département de l’Agriculture de l’Ontario à Plantagenet. Puis,  après l’obtention de son diplôme en 1947, il a été embauché comme assistant agronome et vulgarisateur pour les comtés de Prescott-Russell, toujours  à Plantagenet.

Sans doute ce travail avec M. Larose lui fut bénéfique pour reconnaître l’importance de la gestion des sols dans nos milieux. Cette préoccupation devint  son tremplin vers des accomplissements locaux  et internationaux. Toutefois, le but  de M. Delorme n’était pas de planter des arbres comme l’agronome-environnementaliste qu’était M. Larose mais  plutôt de nourrir le monde avec les mêmes sols.

Sa vraie carrière d’agriculteur débute en 1953 avec l’achat de sa première ferme, son « hobby farm »,  comme il le disait. Cette terre  dans la région de Curran,  se trouvait de l’autre côté d’une plantation de la fôret Larose, fruit du travail de son premier patron, amorcé environ 25 ans auparavant. Pour le jeune agronome devenu agriculteur, ce n’est pas tout de suite l’euphorie avec ses 10 acres de pommes de terre pratiquement sans équipements et une jeune famille qui s’agrandit.

Sur le plan familial, M. Delorme s’est marié à Yvette Montreuil de l’Ancienne Lorette, le 2 octobre 1950.  Le couple s’établit à Plantagenet. De cette union, cinq enfants sont nés entre 1952 et 1961,   soit Daniel, Louis, Marie-France, Line et Lorraine. Ils ont sans doute tous contribués au succès de l’entreprise, Léon Delorme Ltée, en aidant au besoin.

De 1953 à 1981, notre récipiendaire  s’impose comme producteur de pommes de terre et fait l’acquisition de plusieurs fermes voisines. Se basant sur ses connaissances agronomiques, il  voit ces terres plus ou moins fertiles se transformer  en une ferme  prospère. Cela se produit grâce au drainage souterrain, à l’adaptation des méthodes de culture en tenant compte de la variété ensemencée, à de meilleures connaissances sur les différents types de sol et aussi avec à l’arrivée de techniques modernes de production.

Avec l’achat de fermes additionnelles, le chaînon faible de l’entreprise devient vite le manque d’équipements spécialisés pour continuer à faire progresser l’affaire. Afin de remédier à cette lacune, en 1963, M. Delorme débute comme distributeur d’équipements pour les cultures de pommes de terre et d’oignons pour l’Est Ontarien et le Québec.  Sans le savoir, il est intégrateur, dans le vrai sens du mot pour la production de pommes de terre. Comme vendeur de la Cie Lockwood Corporation, il parcourt  plusieurs fois la province voisine ainsi que l’Est Ontarien en plus de gérer et faire les travaux à la ferme en même temps. En bon gestionnaire, il devient un excellent distributeur et vendeur pour la compagnie. En 1967, 1968 et 1969 il reçoit la décoration du meilleur vendeur en Amérique du Nord pour la Compagnie Lockwood Corporation – French Connection.

En 1980, sa passion d’entrepreneur fait de nouveau surface.  Il fait l’acquisition  de l’Imprimerie de Plantagenet. Cet achat représente une autre facette de la capacité d’administrateur et de gestionnaire de M. Delorme. Aujourd’hui, l’imprimerie est la propriété de Louis Delorme, le  deuxième fils de notre récipiendaire.

Après la vente de la ferme en 1981 à Daniel, son fils aîné, M. Delorme aurait pu se reposer, relaxer et jouer au golf comme beaucoup de personnes de son âge, mais non, il met plutôt le cap sur l’Afrique. Reconnu pour ses habilités d’excellent gestionnaire agricole et ses connaissances agronomiques, à 82 ans il commence un autre rêve.  Au retour d’un voyage au Cameroun en Afrique ou la fondation de la Guadeloupe lui avait demandé d’aller analyser les sols pour améliorer les possibilités de cultures, il décide de s’engager personnellement afin d’aider le peuple africain. Il partage ses idées avec des collègues et il s’entoure de bénévoles en vue de trouver les fonds nécessaires pour la construction d’un collège d’agriculture, lequel serait doté d’un département des arts, de métiers et de commerce en plus d’une caisse populaire. Avec l’aide de M. Gaston Gaudreau, homme d’affaire de Bourget, la fondation Vision Léon Delorme Internationale voit le jour. Avec le support financier de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), un montant de 100,000$, incluant un montant de 26,000$ récolté localement, fut envoyé  la première année, au Cameroun pour la construction d’un collège d’agriculture. Des fonds amassés viennent de différentes activités dont principalement des tournois de golf. Sur une période de trois ans de l’aide financière sont envoyé au Cameroun et Honduras.

La ferme ‘Léon Delorme Ltée’  qui est présentement appartenue  par Nicholas Henrard , demeure encore aujourd’hui une des plus grosses entreprises de pommes de terre en Ontario sur des terrains sablonneux et limoneuses qui autrefois semblait être voué à une vocation bien différente, soit la plantation d’arbres.

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