Yollande Laviolette


Née à Lefaivre dans l’est ontarien, elle avait d’abord fait ses premières armes comme copropriétaire d’une ferme avicole à Carleton Place, à la fin des années 60. Après quelques années, dues aux difficultés pré-gestion de l’offre comme beaucoup d’autres fermes, elle a dû cesser ses opérations.

 Ayant l’agriculture dans le sang, avec des rumeurs d’implantation de gestion de l’offre, elle achète une autre ferme à Apple Hill avec une production de 6000 pondeuses. Mais, demeurant à Fournier, la distance de voyagement quotidien entre la maison et la ferme devient un problème et en 1977, elle vend celle-ci et achète celle de St-Isidore avec un quota de 6200 pondeuses.

 En 1977, c’est là que commence vraiment l’aventure de la Ferme avicole Laviolette à son emplacement actuel. Au début, il s’agissait d’une ferme à la fois porcine et avicole mais en 1983, le feu s’empare de la porcherie. Même si Yollande connaissait bien l’élevage porcin moderne et faute de financement à l’époque où les taux d’intérêts des emprunts frisaient les 20%, elle décide d’abandonner cette production pour mettre toute son énergie et son temps dans la production et la classification d’œufs.

 À la fin des années 1980, tous les œufs sont vendus à la Coop Agropur à Montréal mais ce marché est perdu en raison d’une restructuration de cette coopérative québécoise. Donc, pour quelques années, seulement une petite partie des œufs sont vendus localement, tant dis que le reste de la production est acheminée à un autre classeur.

 Le 13 avril 1993, le feu ravage le poulailler. C’est une perte totale mais le poste de classement a été épargné. Yollande, sans se désoler, y voit une opportunité d’expansion. Elle construit un poulailler moderne avec une technologie de pointe tout en augmentant la capacité du nombre de pondeuses.

 Mais ce ne fut pas facile. Le feu a eu lieu en avril et il fallait trouver un endroit temporaire pour loger les poules de remplacement durant la construction du nouveau poulailler. C’est à North Lancaster que l’on loge les poules jusqu’à la fin août. La reconstruction n’a pris que quatre mois! C’est Yollande qui fait la navette chaque jour entre North Lancaster et St-Isidore pour faire la cueillette des œufs, les classer et en faire la livraison tout en organisant les travaux de construction avec ses fils qui n’étaient que disponible à temps partiel.

 En 1997, la ferme fait un pas de plus. Marcel, ayant la même passion que sa mère et voulant suivre ses traces en voulant venir travailler à temps plein sur la ferme décidèrent d’y construire un nouveau poste de classement à même le poulailler. C’est alors qu’ils partent à la recherche d’un nouveau marché. En peu de temps, les objectifs prévus sont dépassés et la production actuelle ne suffit pas aux besoins.

 En 1998 survient alors une autre dure épreuve : la fameuse tempête du verglas. Comme beaucoup d’autres agriculteurs, Yollande et ses fils travaillent d’arrache-pied pour entretenir les génératrices qu’on a, les fournir en carburant qui devient de moins en moins disponible, et transporter d’autres génératrices qu’on emprunte des voisins ici et là. Marcel occupe toujours un emploi à temps plein. Il partage son temps et ses énergies mais c’est Yollande qui coordonne le tout. Suite au verglas et à la croissance de l’entreprise, Marcel devient un employé permanent et coactionnaire de la ferme. Il s’occupera surtout de la vente et de la distribution d’œufs.

 Madame Laviolette peut alors se payer un peu de bon temps. Avec deux de ses frères, elle fait un voyage dans l’ouest et le nord-ouest canadien en 1998, visite entre autres l’Espagne en 2000 et l’Australie en 2002. Malheureusement, cependant, Madame Laviolette nous quitte prématurément le 30 août 2003 des suites d’une courte lutte contre le cancer à l’âge de 59 ans.

 Malgré tous les défis que lui a causés sa carrière de chef d’entreprise avicole, madame Laviolette a toujours été très généreuse de son temps pour participer à des causes qui lui tenaient à cœur. En voici quelques exemples.

  • Fière franco-ontarienne, elle siège au conseil d’administration de l’Union des cultivateurs franco-ontariens de 1994 à 1999 et occupe le poste de « secrétaire-trésorière » de 1996 à 1998.
  • Elle a siégé au conseil d’administration des Producteurs d’œufs de l’Ontario de 1988 à 2003.
  • Elle a aussi siégé sur le Farm Practice Protection Board de 1990 à 1996 et le Egg Fund Board de 1997 à 1998.
  • Elle a aussi œuvré au sein de plusieurs organismes paroissiaux à sa paroisse de Fournier, entre autres dans la chorale paroissiale et le mouvement des Filles d’Isabelle.
  • Artiste musicale, elle a aussi prêté sa voix au Chœur du Moulin de Rockland pendant de nombreuses années.

Yollande a laissé à la communauté agricole et rurale de l’Ontario français, un héritage qui est toujours très visible aujourd’hui. Grace à cette passion qu’elle a su transmettre à son fils Marcel elle peut maintenant être fière de SA ferme qui compte maintenant 2 poulaillers, 15 employées en temps plein, 50 000 poules pondeuses et dessert plus de 350 clients et son territoire de vente s’étend de l’est de l’Ontario au sud du Québec. Sa clientèle comprend des épiceries, des restaurants et des grossistes en alimentation. La qualité et la fraicheur du produit est incontestable puisque chaque œuf qui sort de la ferme est estampillé de la date, du lot, du code de producteur et de la date de production. La ferme Laviolette est la première en Ontario à avoir mis en place un tel système de traçabilité exhaustif et en 2014, la province de l’Ontario lui a décerné le Prix de la Première Ministre pour l’excellence en innovation agroalimentaire. 

 Pour conclure, son exemple d’agricultrice entrepreneure forte, généreuse et déterminée peut servir d’inspiration à la relève agricole d’aujourd’hui. Mais, il y a plus encore. Elle a légué à ses enfants et petits-enfants ce joyau qu’est la Ferme Avicole Laviolette Limitée qui est la fierté de toute la collectivité franco-ontarienne. Elle était quelqu’un de très fière d’avoir fait croître une petite entreprise en tant que FEMME, mère monoparentale et d’avoir œuvrer dans le milieu masculin.

 

Née à Lefaivre dans l’est ontarien, elle avait d’abord fait ses premières armes comme copropriétaire d’une ferme avicole à Carleton Place, à la fin des années 60. Après quelques années, dues aux difficultés pré-gestion de l’offre comme beaucoup d’autres fermes, elle a dû cesser ses opérations.

 Ayant l’agriculture dans le sang, avec des rumeurs d’implantation de gestion de l’offre, elle achète une autre ferme à Apple Hill avec une production de 6000 pondeuses. Mais, demeurant à Fournier, la distance de voyagement quotidien entre la maison et la ferme devient un problème et en 1977, elle vend celle-ci et achète celle de St-Isidore avec un quota de 6200 pondeuses.

 En 1977, c’est là que commence vraiment l’aventure de la Ferme avicole Laviolette à son emplacement actuel. Au début, il s’agissait d’une ferme à la fois porcine et avicole mais en 1983, le feu s’empare de la porcherie. Même si Yollande connaissait bien l’élevage porcin moderne et faute de financement à l’époque où les taux d’intérêts des emprunts frisaient les 20%, elle décide d’abandonner cette production pour mettre toute son énergie et son temps dans la production et la classification d’œufs.

 À la fin des années 1980, tous les œufs sont vendus à la Coop Agropur à Montréal mais ce marché est perdu en raison d’une restructuration de cette coopérative québécoise. Donc, pour quelques années, seulement une petite partie des œufs sont vendus localement, tant dis que le reste de la production est acheminée à un autre classeur.

 Le 13 avril 1993, le feu ravage le poulailler. C’est une perte totale mais le poste de classement a été épargné. Yollande, sans se désoler, y voit une opportunité d’expansion. Elle construit un poulailler moderne avec une technologie de pointe tout en augmentant la capacité du nombre de pondeuses.

 Mais ce ne fut pas facile. Le feu a eu lieu en avril et il fallait trouver un endroit temporaire pour loger les poules de remplacement durant la construction du nouveau poulailler. C’est à North Lancaster que l’on loge les poules jusqu’à la fin août. La reconstruction n’a pris que quatre mois! C’est Yollande qui fait la navette chaque jour entre North Lancaster et St-Isidore pour faire la cueillette des œufs, les classer et en faire la livraison tout en organisant les travaux de construction avec ses fils qui n’étaient que disponible à temps partiel.

 En 1997, la ferme fait un pas de plus. Marcel, ayant la même passion que sa mère et voulant suivre ses traces en voulant venir travailler à temps plein sur la ferme décidèrent d’y construire un nouveau poste de classement à même le poulailler. C’est alors qu’ils partent à la recherche d’un nouveau marché. En peu de temps, les objectifs prévus sont dépassés et la production actuelle ne suffit pas aux besoins.

 En 1998 survient alors une autre dure épreuve : la fameuse tempête du verglas. Comme beaucoup d’autres agriculteurs, Yollande et ses fils travaillent d’arrache-pied pour entretenir les génératrices qu’on a, les fournir en carburant qui devient de moins en moins disponible, et transporter d’autres génératrices qu’on emprunte des voisins ici et là. Marcel occupe toujours un emploi à temps plein. Il partage son temps et ses énergies mais c’est Yollande qui coordonne le tout. Suite au verglas et à la croissance de l’entreprise, Marcel devient un employé permanent et coactionnaire de la ferme. Il s’occupera surtout de la vente et de la distribution d’œufs.

 Madame Laviolette peut alors se payer un peu de bon temps. Avec deux de ses frères, elle fait un voyage dans l’ouest et le nord-ouest canadien en 1998, visite entre autres l’Espagne en 2000 et l’Australie en 2002. Malheureusement, cependant, Madame Laviolette nous quitte prématurément le 30 août 2003 des suites d’une courte lutte contre le cancer à l’âge de 59 ans.

 Malgré tous les défis que lui a causés sa carrière de chef d’entreprise avicole, madame Laviolette a toujours été très généreuse de son temps pour participer à des causes qui lui tenaient à cœur. En voici quelques exemples.

  • Fière franco-ontarienne, elle siège au conseil d’administration de l’Union des cultivateurs franco-ontariens de 1994 à 1999 et occupe le poste de « secrétaire-trésorière » de 1996 à 1998.
  • Elle a siégé au conseil d’administration des Producteurs d’œufs de l’Ontario de 1988 à 2003.
  • Elle a aussi siégé sur le Farm Practice Protection Board de 1990 à 1996 et le Egg Fund Board de 1997 à 1998.
  • Elle a aussi œuvré au sein de plusieurs organismes paroissiaux à sa paroisse de Fournier, entre autres dans la chorale paroissiale et le mouvement des Filles d’Isabelle.
  • Artiste musicale, elle a aussi prêté sa voix au Chœur du Moulin de Rockland pendant de nombreuses années.

Yollande a laissé à la communauté agricole et rurale de l’Ontario français, un héritage qui est toujours très visible aujourd’hui. Grace à cette passion qu’elle a su transmettre à son fils Marcel elle peut maintenant être fière de SA ferme qui compte maintenant 2 poulaillers, 15 employées en temps plein, 50 000 poules pondeuses et dessert plus de 350 clients et son territoire de vente s’étend de l’est de l’Ontario au sud du Québec. Sa clientèle comprend des épiceries, des restaurants et des grossistes en alimentation. La qualité et la fraicheur du produit est incontestable puisque chaque œuf qui sort de la ferme est estampillé de la date, du lot, du code de producteur et de la date de production. La ferme Laviolette est la première en Ontario à avoir mis en place un tel système de traçabilité exhaustif et en 2014, la province de l’Ontario lui a décerné le Prix de la Première Ministre pour l’excellence en innovation agroalimentaire. 

 Pour conclure, son exemple d’agricultrice entrepreneure forte, généreuse et déterminée peut servir d’inspiration à la relève agricole d’aujourd’hui. Mais, il y a plus encore. Elle a légué à ses enfants et petits-enfants ce joyau qu’est la Ferme Avicole Laviolette Limitée qui est la fierté de toute la collectivité franco-ontarienne. Elle était quelqu’un de très fière d’avoir fait croître une petite entreprise en tant que FEMME, mère monoparentale et d’avoir œuvrer dans le milieu masculin.

 

Léon Delorme (1920 – 2012) est né à Wendover le 6 septembre 1920, d’une famille de huit enfants. Après des études primaires à l’école de rang du village, notre récipiendaire se dirige vers le Petit Séminaire d’Ottawa pour éventuellement obtenir un baccalauréat ès arts en 1943. L’attrait pour la profession agronomique le mène ensuite à l’Institut agricole d’Oka pour en ressortir quatre ans plus tard avec un baccalauréat en science agricole, BSA, de l’Université de Montréal.

Comme étudiant, il  a travaillé  pendant deux étés avec l’agronome M. Ferdinand Larose, au Département de l’Agriculture de l’Ontario à Plantagenet. Puis,  après l’obtention de son diplôme en 1947, il a été embauché comme assistant agronome et vulgarisateur pour les comtés de Prescott-Russell, toujours  à Plantagenet.

Sans doute ce travail avec M. Larose lui fut bénéfique pour reconnaître l’importance de la gestion des sols dans nos milieux. Cette préoccupation devint  son tremplin vers des accomplissements locaux  et internationaux. Toutefois, le but  de M. Delorme n’était pas de planter des arbres comme l’agronome-environnementaliste qu’était M. Larose mais  plutôt de nourrir le monde avec les mêmes sols.

Sa vraie carrière d’agriculteur débute en 1953 avec l’achat de sa première ferme, son « hobby farm »,  comme il le disait. Cette terre  dans la région de Curran,  se trouvait de l’autre côté d’une plantation de la fôret Larose, fruit du travail de son premier patron, amorcé environ 25 ans auparavant. Pour le jeune agronome devenu agriculteur, ce n’est pas tout de suite l’euphorie avec ses 10 acres de pommes de terre pratiquement sans équipements et une jeune famille qui s’agrandit.

Sur le plan familial, M. Delorme s’est marié à Yvette Montreuil de l’Ancienne Lorette, le 2 octobre 1950.  Le couple s’établit à Plantagenet. De cette union, cinq enfants sont nés entre 1952 et 1961,   soit Daniel, Louis, Marie-France, Line et Lorraine. Ils ont sans doute tous contribués au succès de l’entreprise, Léon Delorme Ltée, en aidant au besoin.

De 1953 à 1981, notre récipiendaire  s’impose comme producteur de pommes de terre et fait l’acquisition de plusieurs fermes voisines. Se basant sur ses connaissances agronomiques, il  voit ces terres plus ou moins fertiles se transformer  en une ferme  prospère. Cela se produit grâce au drainage souterrain, à l’adaptation des méthodes de culture en tenant compte de la variété ensemencée, à de meilleures connaissances sur les différents types de sol et aussi avec à l’arrivée de techniques modernes de production.

Avec l’achat de fermes additionnelles, le chaînon faible de l’entreprise devient vite le manque d’équipements spécialisés pour continuer à faire progresser l’affaire. Afin de remédier à cette lacune, en 1963, M. Delorme débute comme distributeur d’équipements pour les cultures de pommes de terre et d’oignons pour l’Est Ontarien et le Québec.  Sans le savoir, il est intégrateur, dans le vrai sens du mot pour la production de pommes de terre. Comme vendeur de la Cie Lockwood Corporation, il parcourt  plusieurs fois la province voisine ainsi que l’Est Ontarien en plus de gérer et faire les travaux à la ferme en même temps. En bon gestionnaire, il devient un excellent distributeur et vendeur pour la compagnie. En 1967, 1968 et 1969 il reçoit la décoration du meilleur vendeur en Amérique du Nord pour la Compagnie Lockwood Corporation – French Connection.

En 1980, sa passion d’entrepreneur fait de nouveau surface.  Il fait l’acquisition  de l’Imprimerie de Plantagenet. Cet achat représente une autre facette de la capacité d’administrateur et de gestionnaire de M. Delorme. Aujourd’hui, l’imprimerie est la propriété de Louis Delorme, le  deuxième fils de notre récipiendaire.

Après la vente de la ferme en 1981 à Daniel, son fils aîné, M. Delorme aurait pu se reposer, relaxer et jouer au golf comme beaucoup de personnes de son âge, mais non, il met plutôt le cap sur l’Afrique. Reconnu pour ses habilités d’excellent gestionnaire agricole et ses connaissances agronomiques, à 82 ans il commence un autre rêve.  Au retour d’un voyage au Cameroun en Afrique ou la fondation de la Guadeloupe lui avait demandé d’aller analyser les sols pour améliorer les possibilités de cultures, il décide de s’engager personnellement afin d’aider le peuple africain. Il partage ses idées avec des collègues et il s’entoure de bénévoles en vue de trouver les fonds nécessaires pour la construction d’un collège d’agriculture, lequel serait doté d’un département des arts, de métiers et de commerce en plus d’une caisse populaire. Avec l’aide de M. Gaston Gaudreau, homme d’affaire de Bourget, la fondation Vision Léon Delorme Internationale voit le jour. Avec le support financier de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), un montant de 100,000$, incluant un montant de 26,000$ récolté localement, fut envoyé  la première année, au Cameroun pour la construction d’un collège d’agriculture. Des fonds amassés viennent de différentes activités dont principalement des tournois de golf. Sur une période de trois ans de l’aide financière sont envoyé au Cameroun et Honduras.

La ferme ‘Léon Delorme Ltée’  qui est présentement appartenue  par Nicholas Henrard , demeure encore aujourd’hui une des plus grosses entreprises de pommes de terre en Ontario sur des terrains sablonneux et limoneuses qui autrefois semblait être voué à une vocation bien différente, soit la plantation d’arbres.

Né à Rigaud en 1917, fils de cultivateur possédant une ferme a revenu très modeste, Jean-François Séguin grandit dans une atmosphère familiale où le chant et la musique étaient la nourriture intellectuelle qui cimentait la famille durant la grande crise économique du début des années 30. En 1953, il s’inscrit à l’école d’agriculture d’OKA pour en graduer trois ans plus tard avec des connaissances générales en horticulture, en agronomie et en médecine vétérinaire. Souffrant d’allergie chronique, surtout la fièvre des foins, il lui est impossible de songer à acquérir une ferme. Donc, il se dirige plutôt vers le domaine horticole et coopératif. En 1938, son premier emploi est de gérer une station horticole provincial à Trois-Rivières.

Tout en travaillant, il suit des cours de perfectionnement en architecture paysagiste et en commercialisation. Il fit aussi un stage au Jardin botanique de Montréal avant de venir s’établir en Ontario en 1943. Pendant 10 ans, il sera le gérant de l’entreprise Africana Fleuriste de Vanier.

Ce n’est pas seulement l’amour pour le domaine horticole et du paysagement qui l’emmena à Ottawa, mais aussi une jeune infirmière du nom de Jacqueline St-Pierre. Cette jeune femme deviendra son épouse en 1943. De ce mariage sont nés sept enfants, cinq garçons et deux filles. Je me dois de mentionner un mot spécial de reconnaissance pour cette femme, épouse et mère de famille presque monoparentale, qui était le support quotidien des sept enfants à cause des nombreuses préoccupations de M. Séguin.

C’est surtout comme propagandiste et secrétaire général, de 1953-1979, pour l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) que M. Séguin a fait ses marques de noblesse auprès des agriculteurs francophones et du monde rural de l’Ontario. En effet, c’est l’Abbé Arsène Hébert, récipiendaire du mérite agricole franco-ontarien 2003, qui embaucha M. Séguin en 1954 comme secrétaire général de l’UCFO. Il parcourt l’Ontario du nord au sud et de l’est à l’ouest.

Souvent seul, il prépare congrès et réunions de toutes sortes, car il faut le dire, si l’UCFO existe encore aujourd’hui c’est surtout le résultat du leadership et détermination de cet homme. Il est probablement par ses activités le précurseur du Collège d’Alfred, car, il organise une grande variété de cours sur la formation agricole ainsi qu’en leadership en milieu rural.

Entre temps, il stimule la formation de nombreuses coopératives agricoles et à l’établissement des caisses populaires en milieu rural. De par sa personnalité exemplifiée par sa chevelure blanche et de son fort ton de voix, il est remarqué et écouté. Les gens qui l’entourent sentent chez lui cet amour de la terre, mais surtout pour les gens qui y œuvrent, et particulièrement  de la classe agricole francophone. Non seulement il était perçu comme un grand coopérateur, mais aussi il était un rassembleur. Il avait persuadé tous les organismes agricoles francophones de l’Ontario de se réunir pour mieux communiquer et défendre les intérêts des producteurs. Il participe à la fondation du Conseil de la coopération de l’Ontario et il devient le secrétaire-trésorier. Son action dépasse les frontières de l’Ontario, notamment lorsqu’il est élu cofondateur du Conseil canadien de la coopération. D’après lui, les producteurs francophones de l’Ontario doivent avoir droit aux services en français, une langue qu’il chérissait et en faisait abondamment la promotion. À un certain moment, il fait partie de 13 associations. «J’étais parti huit soirs sur sept», disait-il dans une entrevue avec le journal Le Droit en 1979.

Le 12 mars 2003, M. Séguin décède à l’âge de 86 ans, mais ses accomplissements vont demeurer. Ses 26 années consacrées à l’UCFO dont 25 ans comme secrétaire général demeurent une grande source de motivation pour les Franco-ontariens.

Né à Lafontaine le 2 février 1913, monsieur Montcalm Romain Maurice a grandement marqué la vie rurale de sa région. Quatrième génération sur la ferme ancestrale, la ferme Monpiero compte maintenant 1 000 acres et 130 vaches laitières. Doté d’une grande force de caractère, il œuvre en politique pendant 47 ans. Au niveau régional, il est conseiller, puis député, préfet adjoint et préfet du Canton de Tiny et préfet du comté de Simcoe. Il est le premier francophone à occuper ce poste. Sur le plan communautaire, il fut un membre fondateur de la Caisse populaire locale et secrétaire du conseil de l’école secondaire. Grâce à son dévouement, le Manoir Georgian de Pénétanguishene ouvre ses portes en 1957. Homme très actif, cherchant toujours à connaitre et à aider les autres, il devient même plombier pour dépanner ses collègues agriculteurs.

Avec son épouse Isabelle Robillard, ils eurent sept enfants, dont Pierre Paul, qui a pris la relève de la ferme. Il s’est éteint le 18 juillet 2002.

 

Portrait au graphite :

Né le 21 septembre 1927 dans le rang des trois fourches à Hawkesbury Omer Deslauriers vécu sa tendre enfance à la ferme familiale. Il se plait à aider son père à traire les vaches ou à récolter le foin. Il entreprend ses études secondaires chez les Frères des Écoles chrétiennes et il décide tôt d’œuvrer en éducation au sein de cette communauté ce qui l’amène à poursuivre des études à Rome. Il entame par la suite une brillante carrière d’enseignant en Ontario français et devient un des principaux leaders du mouvement  qui a obtenu des écoles secondaires publiques francophones. Il devient alors un lobbyiste très influent à Toronto et en 1974, il devient le premier président du nouveau Conseil consultatif des affaires francophones (CAFO). C’est à ce titre qu’il met tout son poids pour convaincre le premier ministre Bill Davis de doter les Franco-Ontariens de leur propre collège de technologie agricole, ce qu’ils revendiquent depuis 1910.

C’est grâce à ce Franco-Ontarien convaincu, rassembleur et brillant stratège que le Collège d’Alfred ouvre ses portes en 1981.

Madame Florence Ippersiel est née le 28 avril 1891 à Lefaivre, Ontario. Après avoir complété ses études primaires à Lefaivre, elle doit s’expatrier au Québec pour compléter son secondaire à St-André-Avelin. Elle obtient son brevet d’enseignement de l’école normale d’Ottawa vers 1909. Sa carrière d’enseignante se termina avec son mariage le 9 juillet 1917,

Cette déception personnelle de ne pas pouvoir enseigner après son mariage fut bénéfique pour le développement de la région de Lefaivre et les environs. En effet, tout en élevant ses huit enfants et en aidant son mari aux travaux de la ferme, elle devint une personne charnière pour ses concitoyens de Lefaivre et les agences gouvernementales.

Mme Ippersiel par son sens de dévouement communautaire, s’est engagée à l’épanouissement des femmes en milieu rural. L’Association des fermières du cercle de Lefaivre et des environs doit un merci spécial à notre récipiendaire qui a agi comme secrétaire-trésorière du cercle lors de sa fondation ainsi que pour plusieurs années par la suite. Elle s’impliqua aussi dans le Mouvement des femmes chrétiennes et comme secrétaire de la fromagerie de la coopérative laitière de Lefaivre.

Elle décéda le 17 octobre 1980 à l’âge de 89 ans.

Né à Sarsfield dans l’Est ontarien, Laurent Farmer a fait ses études en agronomie au Collège d’agriculture d’Oka au Québec. À la sortie du collège, à la fin des années quarante, il occupa un poste d’agronome au Nouveau-Brunswick pendant trois ans.

En 1951, il revint dans l’Est ontarien pour succéder à l’agronome Ferdinand Larose à titre d’agronome en chef du comté de Prescott, poste qu’il occupa jusqu’en 1983. À son décès, en 2007, on pouvait déjà constater l’ampleur de son héritage dans le monde agricole de l’Est ontarien.

C’est au cours de son mandat que se déroula la « révolution verte » dans l’Est ontarien. Agrandissement des fermes, nouvelles technologies de production, mécanisation des travaux, nouvelles cultures; les agriculteurs avaient grand besoin des conseils judicieux de leur agronome et Laurent Farmer, professionnel compétent et communicateur hors pair, a toujours su bien répondre à leurs attentes.

Franco-Ontarien engagé, il veilla sans relâche à ce que les agriculteurs francophones de l’Ontario puissent obtenir les services dont ils avaient besoin, dans leur langue. On dit qu’au cours des dernières années de sa carrière, il joua un rôle crucial au sein de l’équipe qui milita pour l’obtention du Collège d’Alfred.

Cet homme né à Sarsfield le 25 décembre 1918 a toujours voulu se faire reconnaître comme franco-ontarien par ses compatriotes anglophones. Cela n’a pas toujours été facile, car déjà comme adolescent, il a dû quitter son village et la quiétude du foyer familial pour poursuivre ses études en anglais au Rockland High School. Cette question de langue va demeurer un grand souci pour le reste de sa vie et il en deviendra un grand défenseur durant sa carrière d’agriculteur modèle et de leader du milieu agricole.

Tout en exploitant une ferme laitière à Sarsfield, c’est surtout dans la gestion des sols que M. Dessaint a été un avant-gardiste. Il a été un des premiers agriculteurs aussi bien chez les anglophones que les francophones à s’intéresser aux herbicides, soit au début des années 40 et au drainage souterrain quelques années plus tard. Son leadership a surtout été remarqué par l’entremise de l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes, tant du côté local que provincial. Il en a été le président fondateur pour le comté de Russell en 1950 et président provincial en 1980. On le retrouve à la présidence d’un grand nombre d’organismes franco-ontariens, entre autres l’Union des cultivateurs franco-ontariens et président fondateur du Comité consultatif du Collège d’Alfred en 1982.

Le «Frenchman» comme ses collègues anglophones le surnommaient a été une inspiration pour les agriculteurs franco-ontariens. Sa passion pour l’agriculture et sa grande disponibilité comme leader ont fait que le secteur agricole franco-ontarien soit maintenant perçu comme un modèle pour plusieurs personnes.

Originaire de Verner dans le Nord ontarien il se lance en agriculture dans les années 40. Éleveur de vaches Ayrshire pur-sang, il travaille à l’amélioration de son troupeau si bien que le gouvernement fédéral, de 1944 à 1960 utilise sa ferme comme ferme de démonstration afin de faire des tests et des expériences dans cette région. On y analyse les grains, les fourrages et le troupeau d’Ayrshire pour développer de nouveaux procédés adaptés au climat de Nord de l’Ontario. M. Beaudry participe à toutes les campagnes d’amélioration et d’appui au développement financier et technique de l’agriculture.

Ernest Beaudry devient président de la toute nouvelle Association des producteurs laitiers de Nipissing-Sudbury de 1941 à 1963. De 1943 à 1949 il donne des cours de formation sur le mouvement coopératif dans la région de Verner. Il entreprend, en 1949, une tournée de propagande pour faire la promotion des cercles régionaux de l’UCFO. Il siège au Conseil d’administration de l’UCFO de 1945 à 1949.

Grand coopérateur, Ernest Beaudry est un des fondateurs de la Caisse populaire de Verner et président général. Il met sur pied, en 1948, la Coopérative régionale de Nipissing-Sudbury. Il joue un rôle clé dans la mise sur pied du premier système de transport et d’achat du lait en 1951. Pour lui, une entreprise agricole familiale peut être rentable, si on recourt aux services de techniciens, si on augmente le rendement des troupeaux et si on tient les dossiers à jour. Ce grand visionnaire s’éteint en 1963 après avoir œuvré dans plusieurs associations agricoles, coopératives et communautaires de sa région.

Le mérite agricole est décerné aux dix fondateurs de la fromagerie de Saint-Albert : Messieurs Louis Grenier, président, Joseph Forgues, Moïse Scheffer, Joseph Labelle, Antoine Quesnel, Joseph Pinsonneault, Godfroy Clément, Jean-Baptiste Ouimet, Cyril Richer et Adrien Trudeau.

La fromagerie coopérative est née de la vision de ce groupe de dix cultivateurs canadiens-français. Ouverte en 1894, la fromagerie plus que centenaire (111 ans) fait office de pionnière avant-gardiste puisqu’elle voit le jour six ans avant l’ouverture de la première caisse populaire fondée par Alphonse Desjardins, au Québec, en 1900. L’histoire ne dit pas où ces fondateurs avaient puisé leur connaisances sur le coopératisme. Visionnaires certes, ces chefs de file dans leur communauté ont contribué grandement au développement économique de leur village. La fromagerie coopérative se spécialise dans la production du fromage cheddar et de fromage en grains (curds) et fabrique aussi du Colby du Farmer et du Mozzarella.

Avec un chiffre d’affaires de 24,5 millions en 2004, la coopérative est le moteur de l’économie du village puisqu’elle emploie 64 employés à temps plein et 20 à temps partiel, dont plusieurs descendants des fondateurs. Son Festival de la curd attire les foules et procure de précieuses retombées économiques. On compte aujourd’hui 39 producteurs qui alimentent la fromagerie en lait pour fabriquer une trentaine de variétés de fromage. D’ailleurs, c’est grâce en partie à cette fromagerie, qu’au fil des ans les producteurs laitiers ont pu écouler les surplus de leur production.