Yollande Laviolette


Née à Lefaivre dans l’est ontarien, elle avait d’abord fait ses premières armes comme copropriétaire d’une ferme avicole à Carleton Place, à la fin des années 60. Après quelques années, dues aux difficultés pré-gestion de l’offre comme beaucoup d’autres fermes, elle a dû cesser ses opérations.

 Ayant l’agriculture dans le sang, avec des rumeurs d’implantation de gestion de l’offre, elle achète une autre ferme à Apple Hill avec une production de 6000 pondeuses. Mais, demeurant à Fournier, la distance de voyagement quotidien entre la maison et la ferme devient un problème et en 1977, elle vend celle-ci et achète celle de St-Isidore avec un quota de 6200 pondeuses.

 En 1977, c’est là que commence vraiment l’aventure de la Ferme avicole Laviolette à son emplacement actuel. Au début, il s’agissait d’une ferme à la fois porcine et avicole mais en 1983, le feu s’empare de la porcherie. Même si Yollande connaissait bien l’élevage porcin moderne et faute de financement à l’époque où les taux d’intérêts des emprunts frisaient les 20%, elle décide d’abandonner cette production pour mettre toute son énergie et son temps dans la production et la classification d’œufs.

 À la fin des années 1980, tous les œufs sont vendus à la Coop Agropur à Montréal mais ce marché est perdu en raison d’une restructuration de cette coopérative québécoise. Donc, pour quelques années, seulement une petite partie des œufs sont vendus localement, tant dis que le reste de la production est acheminée à un autre classeur.

 Le 13 avril 1993, le feu ravage le poulailler. C’est une perte totale mais le poste de classement a été épargné. Yollande, sans se désoler, y voit une opportunité d’expansion. Elle construit un poulailler moderne avec une technologie de pointe tout en augmentant la capacité du nombre de pondeuses.

 Mais ce ne fut pas facile. Le feu a eu lieu en avril et il fallait trouver un endroit temporaire pour loger les poules de remplacement durant la construction du nouveau poulailler. C’est à North Lancaster que l’on loge les poules jusqu’à la fin août. La reconstruction n’a pris que quatre mois! C’est Yollande qui fait la navette chaque jour entre North Lancaster et St-Isidore pour faire la cueillette des œufs, les classer et en faire la livraison tout en organisant les travaux de construction avec ses fils qui n’étaient que disponible à temps partiel.

 En 1997, la ferme fait un pas de plus. Marcel, ayant la même passion que sa mère et voulant suivre ses traces en voulant venir travailler à temps plein sur la ferme décidèrent d’y construire un nouveau poste de classement à même le poulailler. C’est alors qu’ils partent à la recherche d’un nouveau marché. En peu de temps, les objectifs prévus sont dépassés et la production actuelle ne suffit pas aux besoins.

 En 1998 survient alors une autre dure épreuve : la fameuse tempête du verglas. Comme beaucoup d’autres agriculteurs, Yollande et ses fils travaillent d’arrache-pied pour entretenir les génératrices qu’on a, les fournir en carburant qui devient de moins en moins disponible, et transporter d’autres génératrices qu’on emprunte des voisins ici et là. Marcel occupe toujours un emploi à temps plein. Il partage son temps et ses énergies mais c’est Yollande qui coordonne le tout. Suite au verglas et à la croissance de l’entreprise, Marcel devient un employé permanent et coactionnaire de la ferme. Il s’occupera surtout de la vente et de la distribution d’œufs.

 Madame Laviolette peut alors se payer un peu de bon temps. Avec deux de ses frères, elle fait un voyage dans l’ouest et le nord-ouest canadien en 1998, visite entre autres l’Espagne en 2000 et l’Australie en 2002. Malheureusement, cependant, Madame Laviolette nous quitte prématurément le 30 août 2003 des suites d’une courte lutte contre le cancer à l’âge de 59 ans.

 Malgré tous les défis que lui a causés sa carrière de chef d’entreprise avicole, madame Laviolette a toujours été très généreuse de son temps pour participer à des causes qui lui tenaient à cœur. En voici quelques exemples.

  • Fière franco-ontarienne, elle siège au conseil d’administration de l’Union des cultivateurs franco-ontariens de 1994 à 1999 et occupe le poste de « secrétaire-trésorière » de 1996 à 1998.
  • Elle a siégé au conseil d’administration des Producteurs d’œufs de l’Ontario de 1988 à 2003.
  • Elle a aussi siégé sur le Farm Practice Protection Board de 1990 à 1996 et le Egg Fund Board de 1997 à 1998.
  • Elle a aussi œuvré au sein de plusieurs organismes paroissiaux à sa paroisse de Fournier, entre autres dans la chorale paroissiale et le mouvement des Filles d’Isabelle.
  • Artiste musicale, elle a aussi prêté sa voix au Chœur du Moulin de Rockland pendant de nombreuses années.

Yollande a laissé à la communauté agricole et rurale de l’Ontario français, un héritage qui est toujours très visible aujourd’hui. Grace à cette passion qu’elle a su transmettre à son fils Marcel elle peut maintenant être fière de SA ferme qui compte maintenant 2 poulaillers, 15 employées en temps plein, 50 000 poules pondeuses et dessert plus de 350 clients et son territoire de vente s’étend de l’est de l’Ontario au sud du Québec. Sa clientèle comprend des épiceries, des restaurants et des grossistes en alimentation. La qualité et la fraicheur du produit est incontestable puisque chaque œuf qui sort de la ferme est estampillé de la date, du lot, du code de producteur et de la date de production. La ferme Laviolette est la première en Ontario à avoir mis en place un tel système de traçabilité exhaustif et en 2014, la province de l’Ontario lui a décerné le Prix de la Première Ministre pour l’excellence en innovation agroalimentaire. 

 Pour conclure, son exemple d’agricultrice entrepreneure forte, généreuse et déterminée peut servir d’inspiration à la relève agricole d’aujourd’hui. Mais, il y a plus encore. Elle a légué à ses enfants et petits-enfants ce joyau qu’est la Ferme Avicole Laviolette Limitée qui est la fierté de toute la collectivité franco-ontarienne. Elle était quelqu’un de très fière d’avoir fait croître une petite entreprise en tant que FEMME, mère monoparentale et d’avoir œuvrer dans le milieu masculin.

 

Née à Lefaivre dans l’est ontarien, elle avait d’abord fait ses premières armes comme copropriétaire d’une ferme avicole à Carleton Place, à la fin des années 60. Après quelques années, dues aux difficultés pré-gestion de l’offre comme beaucoup d’autres fermes, elle a dû cesser ses opérations.

 Ayant l’agriculture dans le sang, avec des rumeurs d’implantation de gestion de l’offre, elle achète une autre ferme à Apple Hill avec une production de 6000 pondeuses. Mais, demeurant à Fournier, la distance de voyagement quotidien entre la maison et la ferme devient un problème et en 1977, elle vend celle-ci et achète celle de St-Isidore avec un quota de 6200 pondeuses.

 En 1977, c’est là que commence vraiment l’aventure de la Ferme avicole Laviolette à son emplacement actuel. Au début, il s’agissait d’une ferme à la fois porcine et avicole mais en 1983, le feu s’empare de la porcherie. Même si Yollande connaissait bien l’élevage porcin moderne et faute de financement à l’époque où les taux d’intérêts des emprunts frisaient les 20%, elle décide d’abandonner cette production pour mettre toute son énergie et son temps dans la production et la classification d’œufs.

 À la fin des années 1980, tous les œufs sont vendus à la Coop Agropur à Montréal mais ce marché est perdu en raison d’une restructuration de cette coopérative québécoise. Donc, pour quelques années, seulement une petite partie des œufs sont vendus localement, tant dis que le reste de la production est acheminée à un autre classeur.

 Le 13 avril 1993, le feu ravage le poulailler. C’est une perte totale mais le poste de classement a été épargné. Yollande, sans se désoler, y voit une opportunité d’expansion. Elle construit un poulailler moderne avec une technologie de pointe tout en augmentant la capacité du nombre de pondeuses.

 Mais ce ne fut pas facile. Le feu a eu lieu en avril et il fallait trouver un endroit temporaire pour loger les poules de remplacement durant la construction du nouveau poulailler. C’est à North Lancaster que l’on loge les poules jusqu’à la fin août. La reconstruction n’a pris que quatre mois! C’est Yollande qui fait la navette chaque jour entre North Lancaster et St-Isidore pour faire la cueillette des œufs, les classer et en faire la livraison tout en organisant les travaux de construction avec ses fils qui n’étaient que disponible à temps partiel.

 En 1997, la ferme fait un pas de plus. Marcel, ayant la même passion que sa mère et voulant suivre ses traces en voulant venir travailler à temps plein sur la ferme décidèrent d’y construire un nouveau poste de classement à même le poulailler. C’est alors qu’ils partent à la recherche d’un nouveau marché. En peu de temps, les objectifs prévus sont dépassés et la production actuelle ne suffit pas aux besoins.

 En 1998 survient alors une autre dure épreuve : la fameuse tempête du verglas. Comme beaucoup d’autres agriculteurs, Yollande et ses fils travaillent d’arrache-pied pour entretenir les génératrices qu’on a, les fournir en carburant qui devient de moins en moins disponible, et transporter d’autres génératrices qu’on emprunte des voisins ici et là. Marcel occupe toujours un emploi à temps plein. Il partage son temps et ses énergies mais c’est Yollande qui coordonne le tout. Suite au verglas et à la croissance de l’entreprise, Marcel devient un employé permanent et coactionnaire de la ferme. Il s’occupera surtout de la vente et de la distribution d’œufs.

 Madame Laviolette peut alors se payer un peu de bon temps. Avec deux de ses frères, elle fait un voyage dans l’ouest et le nord-ouest canadien en 1998, visite entre autres l’Espagne en 2000 et l’Australie en 2002. Malheureusement, cependant, Madame Laviolette nous quitte prématurément le 30 août 2003 des suites d’une courte lutte contre le cancer à l’âge de 59 ans.

 Malgré tous les défis que lui a causés sa carrière de chef d’entreprise avicole, madame Laviolette a toujours été très généreuse de son temps pour participer à des causes qui lui tenaient à cœur. En voici quelques exemples.

  • Fière franco-ontarienne, elle siège au conseil d’administration de l’Union des cultivateurs franco-ontariens de 1994 à 1999 et occupe le poste de « secrétaire-trésorière » de 1996 à 1998.
  • Elle a siégé au conseil d’administration des Producteurs d’œufs de l’Ontario de 1988 à 2003.
  • Elle a aussi siégé sur le Farm Practice Protection Board de 1990 à 1996 et le Egg Fund Board de 1997 à 1998.
  • Elle a aussi œuvré au sein de plusieurs organismes paroissiaux à sa paroisse de Fournier, entre autres dans la chorale paroissiale et le mouvement des Filles d’Isabelle.
  • Artiste musicale, elle a aussi prêté sa voix au Chœur du Moulin de Rockland pendant de nombreuses années.

Yollande a laissé à la communauté agricole et rurale de l’Ontario français, un héritage qui est toujours très visible aujourd’hui. Grace à cette passion qu’elle a su transmettre à son fils Marcel elle peut maintenant être fière de SA ferme qui compte maintenant 2 poulaillers, 15 employées en temps plein, 50 000 poules pondeuses et dessert plus de 350 clients et son territoire de vente s’étend de l’est de l’Ontario au sud du Québec. Sa clientèle comprend des épiceries, des restaurants et des grossistes en alimentation. La qualité et la fraicheur du produit est incontestable puisque chaque œuf qui sort de la ferme est estampillé de la date, du lot, du code de producteur et de la date de production. La ferme Laviolette est la première en Ontario à avoir mis en place un tel système de traçabilité exhaustif et en 2014, la province de l’Ontario lui a décerné le Prix de la Première Ministre pour l’excellence en innovation agroalimentaire. 

 Pour conclure, son exemple d’agricultrice entrepreneure forte, généreuse et déterminée peut servir d’inspiration à la relève agricole d’aujourd’hui. Mais, il y a plus encore. Elle a légué à ses enfants et petits-enfants ce joyau qu’est la Ferme Avicole Laviolette Limitée qui est la fierté de toute la collectivité franco-ontarienne. Elle était quelqu’un de très fière d’avoir fait croître une petite entreprise en tant que FEMME, mère monoparentale et d’avoir œuvrer dans le milieu masculin.

 

Né à Sarsfield dans l’Est ontarien, Laurent Farmer a fait ses études en agronomie au Collège d’agriculture d’Oka au Québec. À la sortie du collège, à la fin des années quarante, il occupa un poste d’agronome au Nouveau-Brunswick pendant trois ans.

En 1951, il revint dans l’Est ontarien pour succéder à l’agronome Ferdinand Larose à titre d’agronome en chef du comté de Prescott, poste qu’il occupa jusqu’en 1983. À son décès, en 2007, on pouvait déjà constater l’ampleur de son héritage dans le monde agricole de l’Est ontarien.

C’est au cours de son mandat que se déroula la « révolution verte » dans l’Est ontarien. Agrandissement des fermes, nouvelles technologies de production, mécanisation des travaux, nouvelles cultures; les agriculteurs avaient grand besoin des conseils judicieux de leur agronome et Laurent Farmer, professionnel compétent et communicateur hors pair, a toujours su bien répondre à leurs attentes.

Franco-Ontarien engagé, il veilla sans relâche à ce que les agriculteurs francophones de l’Ontario puissent obtenir les services dont ils avaient besoin, dans leur langue. On dit qu’au cours des dernières années de sa carrière, il joua un rôle crucial au sein de l’équipe qui milita pour l’obtention du Collège d’Alfred.

Cet homme né à Sarsfield le 25 décembre 1918 a toujours voulu se faire reconnaître comme franco-ontarien par ses compatriotes anglophones. Cela n’a pas toujours été facile, car déjà comme adolescent, il a dû quitter son village et la quiétude du foyer familial pour poursuivre ses études en anglais au Rockland High School. Cette question de langue va demeurer un grand souci pour le reste de sa vie et il en deviendra un grand défenseur durant sa carrière d’agriculteur modèle et de leader du milieu agricole.

Tout en exploitant une ferme laitière à Sarsfield, c’est surtout dans la gestion des sols que M. Dessaint a été un avant-gardiste. Il a été un des premiers agriculteurs aussi bien chez les anglophones que les francophones à s’intéresser aux herbicides, soit au début des années 40 et au drainage souterrain quelques années plus tard. Son leadership a surtout été remarqué par l’entremise de l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes, tant du côté local que provincial. Il en a été le président fondateur pour le comté de Russell en 1950 et président provincial en 1980. On le retrouve à la présidence d’un grand nombre d’organismes franco-ontariens, entre autres l’Union des cultivateurs franco-ontariens et président fondateur du Comité consultatif du Collège d’Alfred en 1982.

Le «Frenchman» comme ses collègues anglophones le surnommaient a été une inspiration pour les agriculteurs franco-ontariens. Sa passion pour l’agriculture et sa grande disponibilité comme leader ont fait que le secteur agricole franco-ontarien soit maintenant perçu comme un modèle pour plusieurs personnes.

Né le 12 juillet à St-Pascal Baylon, il grandit sur la ferme familiale ou il fut vite remarqué par son souci de l’excellence, tant à l’école du village qu’à la ferme.

En 1940, il épouse Jeanne D’Arc Vinette et entreprend à ce moment une carrière remarquée en production laitière dans la région de Hammond. Il fut un des premiers dans sa région à élever des vaches Holstein pur sang et il fréquente les expositions d’animaux dans la région et à Ottawa remportant de nombreux prix.

Plusieurs se souviennent encore de sa fameuse vache «Bertha» qui était traitée aux petits soins dans un enclos à part parce qu’elle avait une production record de plus de 100 livres de lait! De plus en 1958, il reçoit le Hogg&Little Award dans le cadre d’une compétition de pâturage.

Durant sa vie active en production agricole, il s’est illustré par ses engagements auprès des clubs 4H, de l’association Holstein dont il devient le 1e Vice président, de l’association des concours de labour, des foires agricoles et devient même Président de la foire agricole d’Ottawa, le fameux Ottawa Farm Show pendant deux termes.

Cependant, en 1959 il doit abandonner la production agricole active en raison des séquelles d’un terrible accident de la route. Par la suite, il suit un cours abrégé en identification et répression des mauvaises herbes à l’Université de Guelph et devint inspecteur des mauvaises herbes pour le gouvernement dans le compté de Russell pendant 24 ans. Parallèlement, il est inspecteur et évaluateur pour l’ARDA (Agricultural Rehabilitation and Development Act) de 1968 à 1976. Il devient aussi juge d’animaux et de récoltes dans les foires agricoles.

Son engagement est récompensé à plusieurs reprises. En 1976, il reçoit le Harris McNish Memorial Award & Merit pour le Comté de Russell et en 1980, il est honoré par l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes de Russell.

Sur le plan communautaire, son engagement fut tout aussi riche. Il fut un bâtisseur, membre fondateur de la caisse populaire et aussi membre fondateur du Club Richelieu de Rockland. La paroisse de Rockland bénéficie aussi de son bénévolat puisqu’il a présidé le comité des finances pendant plusieurs années.

Il voyait aussi dans la politique une autre façon de participer à la vie communautaire. Il fut conseiller municipal et député maire du canton de Clarence pendant 10 ans.

Tout le dévouement dont il a fait preuve auprès de la communauté agricole et de la collectivité rurale a fait de lui une personne publique très connue et appréciée. C’est dans une salle bondée de plus de 200 personnes qu’il fut honoré par l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes de Russell en 1980.

Décédé en 1993, il a sans contredit marqué profondément son époque et sa communauté. Plusieurs se souviennent de lui comme homme public, mais pour beaucoup d’autres, c’est peut-être encore plus celui d’un mentor discret et généreux dont on gardera le souvenir.

Le mérite agricole est décerné aux dix fondateurs de la fromagerie de Saint-Albert : Messieurs Louis Grenier, président, Joseph Forgues, Moïse Scheffer, Joseph Labelle, Antoine Quesnel, Joseph Pinsonneault, Godfroy Clément, Jean-Baptiste Ouimet, Cyril Richer et Adrien Trudeau.

La fromagerie coopérative est née de la vision de ce groupe de dix cultivateurs canadiens-français. Ouverte en 1894, la fromagerie plus que centenaire (111 ans) fait office de pionnière avant-gardiste puisqu’elle voit le jour six ans avant l’ouverture de la première caisse populaire fondée par Alphonse Desjardins, au Québec, en 1900. L’histoire ne dit pas où ces fondateurs avaient puisé leur connaisances sur le coopératisme. Visionnaires certes, ces chefs de file dans leur communauté ont contribué grandement au développement économique de leur village. La fromagerie coopérative se spécialise dans la production du fromage cheddar et de fromage en grains (curds) et fabrique aussi du Colby du Farmer et du Mozzarella.

Avec un chiffre d’affaires de 24,5 millions en 2004, la coopérative est le moteur de l’économie du village puisqu’elle emploie 64 employés à temps plein et 20 à temps partiel, dont plusieurs descendants des fondateurs. Son Festival de la curd attire les foules et procure de précieuses retombées économiques. On compte aujourd’hui 39 producteurs qui alimentent la fromagerie en lait pour fabriquer une trentaine de variétés de fromage. D’ailleurs, c’est grâce en partie à cette fromagerie, qu’au fil des ans les producteurs laitiers ont pu écouler les surplus de leur production.

Natif de Lefaivre, Simon Bertrand prend possession de la ferme paternelle en 1920. En plus de continuer à améliorer le troupeau Aryshire, il développe l’autosuffisance sur sa ferme. Il se démarque par son implication sociale. Quatrième président provincial de l’UCFO, de 1945 à 1946 et président du Cercle agricole de Lefaivre, ce cultivateur demeure un chef e file dans sa communauté.

Durant les années 40, comme membre de la Coopérative agricole de Lefaivre, il se porte garant auprès de la Banque Nationale lors des achats de wagons de céréales provenant de l’Ouest. Il coordonne les déplacements, collecte les factures et paie ensuite la Banque. Président de la Chambre de commerce d’Alfred, maire de la municipalité (1943-1948), conseiller municipal du canton d’Alfred, secrétaire de l’école numéro 15 d’Alfred, Grand Chevalier de Colomb, marguillier de la paroisse de Lefaivre, directeur du Cercle du curé Laniel et candidat libéral aux élections provinciales dans les années 40, voilà l’engagement de ce grand Franco-Ontarien dévoué et respecté.

Né à St-Albert dans l’Est ontarien sur la ferme familiale, il fréquenta l’école primaire du village. Après un séjour d’un an au collège St-Alexandre, il partit en mission à la Baie-James avec les frères Oblats (probablement à Fort George, situé sur une île, à l’embouchure de la Grande Rivière, 350 km au nord de Moosonee, chez les Cris). Son destin prit une autre tournure quand son père Louis décéda à l’âge de 52 ans d’une crise de cœur en 1926. Peu après, ses deux frères aînés moururent de la grippe espagnole; sa mère lui demanda donc de revenir sur la ferme afin de pouvoir faire vivre les 5 plus jeunes de la famille.

Monsieur Laplante était avant tout un autodidacte très curieux. Il a compris très jeune l’importance du mouvement coopératif pour solidifier le tissu socio-économique des communautés rurales franco-ontariennes, suite à une série de cours par correspondance qu’il a suivis de la Terre de chez nous, à partir de 1932. Par la suite, son premier geste fut de transmettre son savoir en formant 10 équipes pour étudier le coopératisme à St-Albert; c’est ce qu’on appelait des « cours de cuisine sur la coopération ».

Il exerça par la suite plusieurs fonctions-clés afin d’appliquer de façon concrète l’idéologie coopérative :

  • De 1932 à 1950, il fut secrétaire-trésorier de la Fromagerie St-Théophile dans la 7e concession ouest de St-Albert.
  • En 1942, il cofonda la coopérative agricole de St-Albert avec 35 sociétaires et il en fut le président en 1946, 1954 et 1955. Il en fut également secrétaire pendant 4 ans.
  • En 1944, il participa, avec 27 membres, à la fondation de la Caisse Populaire de St-Albert et il en fut président, secrétaire et gérant de 1963 à 1976.

Son implication au sein du mouvement coopératif lui a valu, en 1989, l’Ordre du mérite coopératif de l’Ontario.

Mais Émile Laplante a tout autant choisi d’exercer son leadership en milieu agricole. Propriétaire d’une ferme laitière de 150 arpents qu’il cultiva jusqu’en 1963, il s’engagea intensément très tôt dans le mouvement de l’Union catholique des cultivateurs franco-ontariens (aujourd’hui l’Union des cultivateurs franco-ontariens).

  • De 1941 à 1942, il fut le secrétaire du cercle agricole de l’UCCFO de St-Albert.
  • De 1942 à 1948, il fut un des présidents régionaux de l’Union des cultivateurs franco-ontariens.
  • De 1949 à 1951, il devint le président général (provincial) de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, poste qu’il occupa de nouveau de 1953 à 1963. Il fut donc à la barre de l’UCFO pendant plus de douze ans. Soulignons ici en passant que c’est grâce au dévouement de personnes de la trempe d’Émile Laplante que l’UCFO peut aujourd’hui encore célébrer avec vous, aujourd’hui après 85 ans, le travail de nos pionniers exceptionnels.

Mais là ne s’arrête pas son dévouement. Doté d’une foi chrétienne exemplaire, il ne compte pas ses heures auprès des œuvres de sa paroisse, St-Albert. De 1977 à 1996, il en est le comptable tout en étant le chef de l’entretien et des réparations. Son dévouement à cet égard lui a valu l’Ordre du mérite diocésain d’Ottawa en 1997.

Bref, sa vie fut un exemple époustouflant d’engagement communautaire de 1932 à 1996. Ce fut aussi un chef de famille aimant et avec son épouse Dora Ménard. Ils eurent quatre enfants, dont deux, Yvette et Yvon, que Dieu a rappelé à lui et deux autres, Georges et Robert.

Émile Laplante, paroles dites à la Coop Agricole en 1974 :

« J’ai prêché la coopération pendant 42 ans. J’ai hérité de cette valeur dès le bas âge. J’admets qu’il fallait être vraiment convaincu pour mettre tous mes temps libres dans ce mouvement. Pour moi, c’est le temps dont je garde les meilleurs souvenirs. Malgré les sacrifices que cela m’a demandés, je voudrais vivre encore de nombreuses années afin de continuer ce travail. Aider les autres a toujours été pour moi un devoir. »

Né le 24 mai 1915 à Casselman dans l’Est ontarien, du mariage de Thérèse Lalonde et de Maxime Brisson, il est l’ainé de douze enfants. En octobre 1936, il épouse Desneiges Burelle de St-Albert et ils auront onze enfants, soit quatre garçons et sept filles. Deux ans plus tard, sa vocation d’homme d’affaires commence à se manifester, car il achète la fromagerie de son père, qui décida d’aller vivre l’aventure de la colonisation du nord de l’Ontario pour obtenir des terres pour ses autres enfants. Ce faisant, Louis-Ernest devient la troisième génération de Brissons à exploiter cette petite ferme jumelée à une fromagerie et à un magasin général. Puis, au début des années ’50, il obtient une franchise pour vendre des tracteurs Case et s’ajoute au fil des ans la vente d’outils divers ainsi que de motoneiges.

En 1970, un incendie vient tout ravager le commerce, le magasin général ainsi que la demeure familiale qui y est rattachée. L’année suivante, le nouveau garage est reconstruit sur le même site. Après la fermeture de sa propre fromagerie, il opère une entreprise de transport de lait. Il est alors un employeur important dans la communauté.

Cependant, l’homme d’affaires avait aussi l’agriculture dans le sang. En 1959, il achète une plus grande parcelle de terre près de sa terre paternelle et par la suite devin propriétaire de plus de 500 acres et d’un troupeau d’au-delà de 200 bêtes.

Mais tous les gens qui connaissent bien Louis-Ernest Brisson vous diront que ses succès en affaire et en agriculture n’ont d’égal que sa passion pour la politique. À cet égard, sa motivation était d’être au service d’autrui. Selon des témoignages, il était heureux près des gens et il aimait les écouter pour mieux les servir. Sa carrière politique fut exceptionnellement remarquable! Il exerça plusieurs fonctions clés qui contribuèrent profondément au bien-être de la société rurale de son temps et qui ont encore des échos aujourd’hui.

En voici quelques lignes :

  • Commissaire d’école et l’un des responsables de la construction de l’école de concession no. 20 du Canton de Cambridge.
  • Impliqué dans le projet de création d’une école secondaire à Casselman.
  • Élu maire du Canton de Cambridge en 1954, poste qu’il occupera pendant 28 ans.
  • Nommé à deux reprises au poste de préfet des Comtés-Unis de Prescott-Russell.
  • Délégué à la convention conservatrice de l’Ontario en 1967.
  • A servis pendant 25 ans à la Société de conservation de la Nation-Sud, dont 10 ans sur le comité exécutif et quatre années à la présidence.
  • Président du comité de l’Unité sanitaire de l’est de l’Ontario en 1978.
  • Œuvré à la construction du foyer des Comtés-Unis de Prescott-Russell et on lui attribua l’obtention de fonds de plus d’un demi-million de dollars.
  • A fait partie du comité exécutif de l’aide à l’enfance de Prescott-Russell.
  • Œuvré pour le développement de l’autoroute 417 qui, on le sait, est toujours une grande source de retombées économiques pour la région.

L’objectif principal de toutes ses implications politiques et communautaires a toujours été d’améliorer la qualité de vie de ses concitoyens. À sa famille, il parlait souvent de l’importance « d’aide son monde » et il rappelait souvent à ses concitoyens l’importance d’en donner aux autres quand on a la chance de manger trois fois par jour. Son altruisme était alimenté par une profonde foi chrétienne. C’était un homme pieux pour qui l’observance des pratiques religieuses quotidiennes était essentielle et inspiratrice. C’était un homme de principes, mais qui comprenait l’importance de l’écoute d’autrui. Les témoignages à son sujet font état d’une personne amicale avec qui on aimait travailler, qui recherchait le consensus autour de lui, mais qui néanmoins était capable, à l’occasion, de prendre des décisions difficiles.

Aujourd’hui, il est pour nous tous un modèle d’homme d’affaires accompli, mais qui a su conserver par-dessus tout un sens profond des responsabilités sociales. Son héritage se concrétise toujours fortement aujourd’hui par le biais des membres de sa famille qui oeuvrent aujourd’hui au sein de 35 entreprises régionales en respectant les valeurs qu’il leur a inculquées.

À son décès, soit le 26 décembre 1983, le premier ministre de l’Ontario de l’époque, monsieur William Davis, a dit : « La région de l’est de l’Ontario a perdu un de ses citoyens les plus précieux. »

On raconte qu’Honoré Bourdeau aimait faire régulièrement le tour de ses terres accompagné de son épouse Rose pour contempler les vastes champs d’avoine et de maïs, résultat de leur travail. Tirant sur une gerbe d’avoine, ils admiraient, tous deux, la beauté des grains dorés roulant dans le creux de leurs mains.

Honoré Bourdeau avait l’agriculture dans le sang comme son père et son grand-père d’ailleurs qui ont cultivé les riches sols du Rang Ste-Marie à Embrun pendant au-delà de cent ans.

Né le 28 février 1914 sur la ferme familiale, c’est en 1936 à l’âge de 22 ans qu’il prend la relève de la ferme de son grand-père, Ovila Bourdeau. Son père Émile avait acheté la ferme de son beau-père à Crysler.

Lorsqu’il s’y installe, la terre de 75 arpents est déjà payée puisque le jeune Honoré y avait investi ses salaires d’enseignant à l’école de rang.

Mais les débuts furent difficiles car il fallait trouver des ressources supplémentaires… pour acheter des vaches de race, pour construire des bâtiments et des silos… pour acheter plus de terrain… pour acheter de la machinerie et pour drainer les sols.

Honoré et Rose relèvent avec brio tous les défis. Doué d’une constitution physique vigoureuse et d’un sens des affaires, il règle les problèmes au jour le jour. De plus, la vie familiale est bien remplie. Le couple Bourdeau a mis au monde et élevé, dans le sens noble du terme, quatre filles et trois garçons. Lorsque le fils cadet Denis prend la relève de la ferme en 1978, c’est tout un domaine qu’il acquiert : une entreprise agricole productive et bien gérée qui s’inscrit dans la classe élite de l’agriculture en terre ontarienne.

Mais les hauts faits d’Honoré Bourdeau en agriculture ne se limitent pas au développement de son entreprise.

Pour bien comprendre l’œuvre d’Honoré Bourdeau, il faut expliquer que notre récipiendaire était un homme « instruit » pour son temps. Après avoir obtenu son diplôme de huitième année à l’école du village, il s’inscrit à l’école Modèle d’Embrun où il obtient un diplôme équivalent à une dixième année. Par la suite, il décroche un certificat d’enseignement à l’élémentaire. À l’âge de 17 ans, il décroche son premier emploi d’enseignant à une école élémentaire à St-Albert. Par la suite, il ira enseigner quelques années dans la région de Sudbury. C’est là d’ailleurs qu’il rencontrera Rose Henri, sa compagne de vie pendant cinquante-trois ans.

Lorsqu’il revient dans son patelin natal à Embrun en 1936, à l’âge de 22 ans, sa réputation de jeune homme instruit, honnête et généreux de sa personne le précédait déjà et jusqu’à la fin de ses jours, il fut sollicité de toute part par toute une kyrielle d’organismes bénévoles.

Il s’implique d’abord dans le secteur agricole. Dès son retour, dans l’Est ontarien, il accepte un poste de secrétaire à la Fromagerie coopérative de St-Albert. Puis il devient un membre fondateur de la Coopérative agricole d’Embrun et siège à son conseil d’administration pendant six ans. De 1960 à 1970, il devient président des Producteurs de porc et pendant la même période de temps, il est président de la Fédération d’agriculture du comté de Russell. Il fut le représentant de l’assurance-récolte de l’Ontario de 1967 à 1984 et membre du comité de révision des prêts agricoles pour l’Est ontarien. Toute sa vie active, il fut aussi un membre assidu de l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes du comté de Russell. Cette association lui a décerné en 1985, l’Ordre du Mérite agricole, une reconnaissance qu’elle décerne annuellement. De 1956 à 1982, il est courtier d’assurance pour la compagnie Co-operators, une mutuelle d’assurance qui est au service des agriculteurs. Il fut aussi pendant 15 ans, représentant pour la compagnie Prescott Mutuelle Assurance, une autre coopérative qui servait le monde agricole.

Tour à tour, il s’implique aussi en politique municipale à titre de conseiller et de sous-préfet. Sa formation d’enseignant l’amène aussi à œuvrer dans le milieu des conseils scolaires pendant plusieurs années.

Il se dévoue aussi, toute sa vie, dans des œuvres paroissiales et communautaires, comme membre du conseil paroissial et comme président du Centre récréatif d’Embrun pendant neuf ans. Le Conseil des chevaliers de Colomb, le Club Richelieu, le Club d’âge d’Or ont tous aussi eu droit à sa générosité.

Homme de foi et d’accueil, il a un profond attachement pour son Église et les œuvres de son temps tels que la Ligue du Sacré-Cœur, la Société St-Jean-Baptiste, etc. Il s’implique aussi dans l’administration des choses temporelles de sa paroisse. Il exprime sa foi par l’accueil et la générosité. Nombreux sont ceux qui ont trouvé gîte et couvert dans sa maison pour des séjours de plusieurs mois à plusieurs années. Mais Honoré Bourdeau était aussi un fervent adepte d’une deuxième religion: la coopération. Tout au long de sa vie il a cru fortement que les institutions coopératives pouvaient être un levier important de développement socio-économique en milieu franco-ontarien. Homme d’action plutôt que de discours, il prêcha la coopération par l’exemple. En 1945, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, il fut l’une d’un groupe de 25 personnes qui a fondé la caisse populaire d’Embrun en y achetant une part sociale de cinq dollars chacun, payable à raison de 10 cents par semaine. Il devient le président fondateur. Il occupa le poste de président pendant 34 ans et fut administrateur pendant trente six ans soit de 1964 à 1983.

De plus, il occupa de 1964 à 1982 un poste d’administrateur au Chapitre des caisses populaires St-Laurent Outaouais.

Comme nous l’avons mentionné plus tôt, il a aussi prêté main forte à la Fromagerie coopérative St-Albert et fut un des membres fondateur de la Coopérative agricole d’Embrun et a œuvré au sein de deux mutuelles d’assurances. En 1985, il fut reçu à l’Ordre du Mérite coopératif ontarien au plus haut échelon de cet ordre.

C’est le 20 mars 2000 que s’est éteint ce pionnier franco-ontarien tout à fait hors du commun. Il laisse dans son sillon un héritage riche et fécond: une progéniture qui a repris le flambeau du leadership communautaire, une entreprise agricole modèle habilement géré par une cinquième génération et un mouvement coopératif fort qui est le moteur de la vie communautaire et associative de sa communauté d’aujourd’hui et le souvenir d’un homme qui a profondément aimé la terre et son prochain.

Septième aumônier de l’UCFO, de 1952 à 1960, l’abbé Hébert est une figure importante dans l’histoire de l’UCFO et dans son développement. Lors du départ du secrétaire général Antonin Lalonde, en 1948, il accepte le poste jusqu’à l’embauche d’un nouveau secrétaire en 1954. Il participe à toutes les réunions de l’UCFO et accompagne le nouveau secrétaire et propagandiste de l’époque Jean-François Séguin. Ils font ensemble de grandes tournées dans le Nord de la province se rendant jusqu’à Hearst pour enseigner la doctrine sociale de l’Église, faire connaître l’Union et fonder des cercles agricoles. Travailleur infatigable, il devient aumônier général de plusieurs organismes, dont l’Union catholiques des fermières de l’Ontario, les Cercles Jeanne-Le-Ber et de la Jeunesse catholique (JAC). L’abbé Hébert a toujours eu confiance dans les organismes agricoles et coopératifs. Entre 1956 et 1959, il rassure, influence et convainc les cultivateurs que l’agriculture demeure majeure dans le développement rural. Lorsque la fromagerie de St-Albert, aujourd’hui très prospère, est sur le bord de la faillite à cette période, il y met toute son énergie et y contribue d’une manière financière. «Cette fromagerie manquera de lait un jour» s’était exprimé l’abbé en apposant une médaille de l’Immaculée Conception au mur de la fromagerie. Cette médaille toujours présente dans la fromagerie, témoigne des difficultés passées. D’ailleurs, comme aumônier de l’UCFO, il n’hésite pas à consentir des prêts à l’Union lors de situations financières précaires. Une citation résume bien son attachement au monde agricole : «Si Dieu ne m’avait pas appelé à la prêtrise, je me serais fait cultivateur». Pour célébrer ses 25 ans de prêtrise et son jubilé d’argent, une grande fête est organisée en son honneur par la communauté franco-ontarienne de la région.